Réponses à des questions que beaucoup se posent.

Je vous partage ci-dessous une réponse assez détaillée à une interrogation dans un forum auquel je participe:

Salut …, tu demandes:

Quel est le sens de la vie ? Pourquoi Dieu a créé la vie ? La création n’a fait que permettre à des millions de personnes d’aller mourir en enfer. Si Dieu connaissait tout à l’avance, s’il savait que les hommes se rebelleraient contre lui et que des millions (milliards ?) iraient brûler en enfer, pourquoi les a-t-il créés malgré tout ? Souhaitait-il avoir pour lui des gens qui l’adoreraient pour son bon plaisir, qui lui voueraient un culte de la personnalité, même au prix de millions de vies qui souffriraient pour l’éternité ? J’ai du mal à voir l’amour de Dieu là dedans… Certes il a prévu un plan de “secours” des hommes avec la venue de Jésus. Mais si ça en a sauvé certains, il savait très bien qu’une immense quantité de personnes n’en profiteraient pas. Et pour ces personnes là, ce plan de secours ne sert à rien : elles finiront en enfer. Je n’arrive pas à voir l’amour de Dieu ici…

Je vais prendre un exemple. Personnellement, si j’avais le pouvoir de connaître l’avenir, et que je savais que mon futur enfant deviendrait, quoi que je fasse, un criminel notoire qui finira ses jours en prison et qui souffrira toute sa vie, je n’en ferais tout simplement pas ! Pourquoi créer la vie, si c’est pour que ça soit une vie de souffrance ?

Si Dieu est amour, alors il n’aurait pas créé les hommes en sachant pertinemment que la plupart iraient souffrir en enfer…

Je vais te donner les réponses actuelles à mes questions.

Je pense que nous sommes tous différents et que ce qui satisfait l’un peut laisser l’autre indifférent ou même le choquer. Nous sommes des êtres finis et nous ne pouvons donc que très imparfaitement comprendre l’infinité de Dieu.

Peut-être que certaines de mes déclarations sembleront contradictoires, et sans doute elles le sont. Mais…, la pensée hébraïque et donc la pensée biblique, est dialectique, c’est-à-dire qu’il y a toujours une thèse et une antithèse, mais au contraire de la pensée grecque, il n’y a pas de synthèse. La pensée grecque qui est à la base de la théologie européenne fige tout par thèse antithèse et synthèse. Par contre, la pensée hébraïque ne connaît pas la synthèse ; toute antithèse appelle une autre antithèse, cela conduit à un déséquilibre permanent que j’assimile à la marche en bipédie. Il y a un chapitre du Premier Testament, où il est écrit que Dieu n’est pas un homme pour se repentir et quelques versets plus loin, Dieu dit qu’il se repent. Cela pourrait ressembler à une contradiction, mais cela n’en est pas une au point de vue biblique et hébraïque. Ce sont deux réalités antithétiques qui sont comme deux lignes parallèles, elles ne se rejoignent que dans l’infini de Dieu, comme nous sommes finis, nous ne pouvons voir leur point de rencontre et la vérité unique qu’elles représentent. Cette apparence de dualité irrésolvable se trouve aussi dans le monde physique au niveau quantique, elle fait donc partie de l’essence de notre univers.

Il y a en parallèle quelque chose de très riche dans la pensée hébraïque et qui est très différent de notre pensée occidentale. Chez nous en héritage à la pensée grecque on cherche à apporter les bonnes réponses, on met l’accent sur le savoir ; au contraire, dans les écoles rabbiniques, on apprend à poser les bonnes questions, on met l’accent sur la réflexion et sur la sagesse.

Alors pour tenter de répondre à tes questions :

1° Pourquoi Dieu a créé la vie ?

Je crois que Dieu a créé l’homme dans le but d’étendre sa famille, dans le but de partager sa divinité, ou plutôt de nous intégrer dans sa divinité. Il nous a créés à son image, à sa ressemblance, parce que son but était que nous devenions participants de sa nature (2 Pi 1 :4), non en conquérant notre autonomie à l’instar d’Adam et Ève, mais par la communion avec lui. Pour que nous puissions devenir pleinement participants à sa nature, il faut que nous le choisissions librement et de tout notre cœur. Mais si nous sommes libres (à l’image de Dieu), nos choix ne peuvent être connus à l’avance. Donc Dieu ne pouvait pas savoir (même s’il pouvait s’en douter), que son dessein déraperait pareillement, et ceci dès la première génération. Néanmoins, il avait déjà prévu un plan de secours pour ceux qui s’égareraient.

2° Si Dieu connaissait tout à l’avance, s’il savait que les hommes se rebelleraient contre lui et que des millions (milliards ?) iraient brûler en enfer, pourquoi les a-t-il créés malgré tout ?

La notion de l’enfer que tu présentes, ne vient pas directement des Écritures, mais elle vient du catholicisme romain, et aussi et principalement, de la Divine Comédie de Dante. Les Orthodoxes comprennent cela différemment et ma compréhension actuelle est proche de la leur. Premièrement, je ne crois pas qu’il y aura deux lieux après la résurrection générale (en passant, notre conception habituelle d’aller au ciel après la mort provient plus du paganisme grec que des Écritures, celles-ci parlant de mort suivie dans un futur plus ou moins proche d’une résurrection générale), mais un seul lieu, où la terre (le monde physique) et les cieux (le monde spirituel) seront à nouveau pleinement réunis. À la résurrection, le jugement sera la présence sans limites de Dieu. Ceux qui auront appris à le connaître et à marcher avec lui sur cette terre, se réjouiront de le voir enfin face à face (même si leurs œuvres seront jugées par le feu), pour les autres l’intensité de sa présence consumera tout ce qu’il y a de corrompu et d’impur en eux. Certains seront purifiés par ce feu, car aucune de leurs bonnes œuvres ne sera perdue, mais il y en a d’autres, je le crains, qui seront tellement corrompus qu’ils seront consumés jusqu’à la moelle. Je pense que le nombre de ces derniers sera assez restreint.

J’aimerais ajouter une réflexion récente : j’avais des difficultés avec la notion de Dieu en colère, mais je suis tombé sur des versets qui en parlaient assez clairement (entre autres dans l’Apocalypse) et j’ai demandé à Dieu une explication. Le même jour, j’ai reçu une demande de pétition internet en faveur d’un sanctuaire pour animaux sauvages et l’auteur de la pétition parlait de sa colère contre la destruction de l’habitat d’espèces menacées. J’ai reconnu alors qu’il y a beaucoup de choses qui me mettent en colère, comme la destruction de la création, l’essai d’armes chimiques sur des civils, ou l’essai de médicaments sur des populations pauvres, l’exploitation sexuelle des enfants et des femmes, etc. Moi, je suis limité et j’oublie vite, mais Dieu est pleinement et constamment conscient de toutes ces horreurs (et de bien d’autres) et il a vraiment de quoi être en colère.

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  1. #1 by Nioniotte on 21 avril 2012 - 11:03

    Très bon article.
    On peut donc dire à Dieu sait tout: que Dieu sait tout la finalité de chaque décision prise mais non le résultat de la décision prise?

    C’est ce que je crois.

    Mais si on crois, comme tu le dis, que après la mort nous serons purifiés de nos péchés. À quoi bon consacrer sa vie à Dieu si pour au final arriver à la même chose (être pur)?
    Autant profiter de tout ce que la vie nous donne même si c’est pas propre…

  2. #2 by Désiré Rusovsky on 21 avril 2012 - 13:59

    Hé, Hé, bonne question!
    Mais je pense qu’il y aura des degrés dans la vie de résurrection, certains partagerons la vie et l’intimité de Dieu et d’autre vivront simplement à sa lumière mais à distance, comme pourrait le suggérer ce texte:
    “Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y apporteront leur gloire. Ses portes ne se fermeront point le jour, car là il n’y aura point de nuit. On y apportera la gloire et l’honneur des nations. Il n’entrera chez elle rien de souillé, ni personne qui se livre à l’abomination et au mensonge; il n’entrera que ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l’agneau.” Apocalypse 21:24-27.
    Mais de toutes façons, baser sa relation avec Dieu ou sa foi seulement sur la crainte de l’enfer, c’est assez nul et c’est à la limite hypocrite. Quand on aime Dieu, profiter de la vie c’est marcher avec lui,car le reste devient plutôt pâle et gris à sa lumière.

  3. #3 by Carine D. on 24 mai 2012 - 14:07

    Coucou,
    Il est super ton article :o)

    Mais, si j’comprend bien, l’enfer et le paradis se sont 2 endroits que l’être humain a inventé alors? Ils parle du paradis dans la bible? (j’ai pas encore lu toute la bible, donc si tu pouvais m’éclairer sur ce point-là)…

  4. #4 by tromken on 25 juillet 2012 - 13:15

    Cette insistance à séparer la pensée hébraïque et talmudique de la pensée grecque est vraiment tirée par les cheveux. La pensée hébraïque n’est pas la pensée de Dieu voyons ! S’il est vrai que la controverse est le propre de l’enseignement talmudique, il est aussi notoire que nombre de réflexions talmudiques sont très proches d’Aristote et du corpus grecque. Et quoi qu’il en soit, la dogmatique même de la tôrah est dualiste, c’est-à-dire accès sur une loi tangible parfaitement ancrée dans la raison de type grecque. La réflexion adogmatique et déraisonnable est divine et n’appartient à aucun peuple ; le judaïsme a d’ailleurs souvent été condamné pour ne pas la supporter ; car le Christ lui-même est l’incarnation de cette irréligion de Dieu, et c’est pour cela que le fils de Dieu fut conduit devant le sanhédrin. Les rabbins attendaient, et attendent encore un messie raisonnable précisément, soumis à la loi et missionné pour changer le monde en maîtrisant ses lois. Le Christ est allé à l’inverse exacte : il annonce la futur abolition des lois et ne il ne veut pas changer le monde, mais changer DE monde. Il veut que l’être soit la vérité, et non que la vérité soit extérieure à l’être. Cela est insupportable à une religion telle que le judaïsme pour qui la « vérité » de la tôrah est éternelle.

    « Dieu ne pouvait pas savoir (même s’il pouvait s’en douter), que son dessein déraperait pareillement, et ceci dès la première génération. Néanmoins, il avait déjà prévu un plan de secours pour ceux qui s’égareraient. » Là on est dans le n’importe quoi ! Qui vous dit qu’il n’était pas précisément dans l’intention divine que tout dérape comme vous dites ? Dieu ne voulait-il pas, dès le départ que « tous les hommes soient enfermés dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous » (rom 11). Ne faut-il pas que la vie soit fondée, non sur l’obéissance précisément, mais sur autre chose ; sur la confiance en l’autre, c’est-à-dire l’amour, celui-là même en qui l’obéissance n’a plus lieu ni place. Aussi l’obéissance conduit toujours à l’échec, et c’est justement cela que Dieu veut dire dés le départ à l’homme, que la vie sera fondée sur la désobéissance à l’obéissance, car lorsqu’on aime, on ne compte pas, on ne calcul pas, mais tout obéit à l’amour et l’amour n’obéit à rien.

    Malgré votre discours sur les bienfaits de ne pas apporter de synthèse, vous faites exactement le contraire puisque vous cherchez à expliquer l’inexplicable. Car le questionnement de départ est très légitime : « …si j’avais le pouvoir de connaître l’avenir, et que je savais que mon futur enfant deviendrait, quoi que je fasse, un criminel notoire qui finira ses jours en prison et qui souffrira toute sa vie, je n’en ferais tout simplement pas  ! Pourquoi créer la vie, si c’est pour que ça soit une vie de souffrance ? Si Dieu est amour, alors il n’aurait pas créé les hommes en sachant pertinemment que la plupart iraient souffrir en enfer… »
    Moi j’aurais applaudi devant une telle interrogation ! Et au lieu de chercher une réponse toute cuite sortie de derrière les fagots de la théologie, j’aurais humblement reconnu que moi aussi je suis interrogatif sur bien des points, bien que chrétien. La foi n’est pas de la crédulité, c’est aimer sans avoir toujours l’explication, et c’est en s’appuyant sur cette confiance que finalement les choses s’éclaircissent avec le temps, que le mystère, non pas s’explique, mais que ce qui s’explique devient précisément le poison de la vie, et que le mystère en devient le fondement, ce qui fait précisément que cette Vie devienne infinie. J’aurais invité cet homme à ne pas conclure à la va-vite, mais bien plutôt à chercher Dieu. N’est-ce pas lui-seul qui peut le mieux l’aider à sonder ce mystère — son mystère ? Et n’est-ce pas précisément dans cette interrogation que Dieu est en train de l’appeler ? Ce questionnement ne vient-il pas de Lui justement ?

  5. #5 by miimii11 on 5 mai 2014 - 23:29

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