Archive pour septembre 2012

Pourquoi des leaders? La suite… Le pasteur, un leader? (archives)

Ma réflexion sur le leadership a de nombreuses conséquences sur la compréhension de l’Église et de son fonctionnement, en particulier face aux “ministères”.

Le ministère le plus répandu aujourd’hui est celui du pasteur. J’ai souvent dit et lu que ce ministère est l’un des moins biens définis dans la Bible. Dans le Nouveau Testament, il n’est généralement cité qu’une fois, au pluriel, dans la liste des ministères d’Éphésiens 4:11, et ceci sans aucune définition. Suivant les traductions il peut se trouver dans quelques autres textes où il parle de Jésus Christ. Par exemple dans la Bible Segond: Hé 13:20 Que le Dieu de paix, qui a ramené d’entre les morts le grand pasteur des brebis, par le sang d’une alliance éternelle, notre Seigneur Jésus, I Pi 2:25 Car vous étiez comme des brebis errantes. Mais maintenant vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes. I Pi 5:4 Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire.

MAIS…, ce n’est plus du tout vrai dans le texte grec, où “poimen” se trouve à plusieurs reprises. Il est traduit le plus souvent par “berger” et de une à trois-quatre fois par ”pasteur”. Pourquoi cette ambivalence dans la plupart des traductions françaises et anglaises? Une des exceptions, la très (trop?) littérale version Darby. Y aurait-il un désir inconscient de tromper, ou ne serait-ce pas plutôt révélateur du gauchissement de la pensée protestante sur ce sujet?

À part les textes où il est question des bergers de la Nativité et celui des “pasteurs” d’Éphésiens 4, tous les autres font référence directement ou indirectement à Jésus Christ. Jésus Christ est donc l’image parfaite du pasteur, et sa vie et sa personne définissent le “ministère” du pasteur. L’explication la plus détaillée se trouve en Jean 10: 1-21 (Le Bon Berger).

Avant de développer sur ce texte, d’abord une chose: le sens précis de “poimen” va aussi nous éclairer. Mon vieux dictionnaire (1876) donne comme traduction: “berger, pasteur; au figuré et surtout chez les poètes: celui qui conduit, qui gouverne, qui dirige; celui qui garde, qui a soin: pasteur des peuples, chef, roi.” Aïe! Aujourd’hui on traduirait: leader! Me serais-je trompé?

Voyons comment Jésus lui-même définit le berger/pasteur en Jean 10: v 1 et 2: Il entre par la porte. v 3 – 5, 14, 16: Il appelle les brebis par leur nom et elles connaissent sa voix. v 4: Il marche devant elles. v 11: Il est le bon berger v 11 et 15: Il donne sa vie pour ses brebis. v 12 et 13: Il n’est pas un mercenaire (ou un salarié, un employé).

Qu’en déduire? Que le berger/pasteur a une relation de confiance et de connaissance réciproque avec ses brebis (ce qui n’est possible qu’avec un nombre restreint de personnes). Il montre le chemin à suivre en ouvrant la route. Il vit pour ses brebis, il donne sa vie pour elles (dans les temps de persécutions, c’est souvent lui le premier à souffrir). Il n’est pas un mercenaire, il n’est pas berger pour un salaire.

Alors oui, le berger/pasteur est un leader, mais pas selon la norme de la société environnante (le monde), mais selon celle de Jésus. “Jésus les appela, et dit: Vous savez que les chefs des nations les dominent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave.

C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs.” (Matt 20:25-28)

Pierre l’exprime également clairement dans sa première épître: “Voici les exhortations que j’adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée: Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non en vous y sentant contraints, mais de bon cœur, selon Dieu; non par intérêt financier, mais avec dévouement; non en dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire.” (I Pi 5:1-4)

Quelques remarques complémentaires au sujet de ce texte • Troupeau, paissez et souverain pasteur ont tous la même racine grecque (poim’n). D’où on peut déduire que ce sont les anciens qui “pastorisent” sous le regard de Jésus, le chef des pasteurs. • En étant des modèles et non pas en dominant. • À nouveau l’argent ne doit pas être la motivation. • Le début du verset suivant montre que les anciens ne sont pas jeunes: “De même, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens.”

Avec cette compréhension nouvelle, j’arrive à intégrer des pièces du puzzle qui me faisaient difficulté à cause du mot “conducteur”: Hé 13:7 Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi. (Morts dans la persécution?)

Hé 13:17 Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage.

Alors, si je comprends bien, le pasteur, ou berger, ou leader, ne le devient que parce qu’il a été appelé à ce service par Dieu. Sinon qui voudrait être en première ligne face à l’adversaire et au monde, prêt à renoncer à lui-même pour être au service des autres et cela sans salaire. (Qu’il y ait entraide fraternelle et partage des biens n’est pas un salaire.)

De même que Paul disait: “Si j’annonce l’Évangile, ce n’est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m’en est imposée, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile!” (I Co 9:16), le pasteur authentique dirait: “Si je suis pasteur, ce n’est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m’en est imposée, et malheur à moi si je ne veille pas sur le troupeau!”

Il en est de même pour tout “ministère”. Ce mot me paraît lui aussi trompeur, car chargé d’une auréole. Quand on pense à un ministre, on voit un homme avec un gros salaire, des véhicules et logements de fonction, des adjoints et secrétaires et une bonne retraite en vue. Le sens premier du terme ministère est service ou charge. Il n’y a pas de gloire sur cette terre à servir et les services que Dieu confie sont toujours liés au renoncement et à porter sa croix. Voyez où le service de Jésus l’a amené. Nous ne pouvons pas nous attendre à un chemin plus facile que le sien quand nous marchons à sa suite.

Alors oui, au risque de me contredire, il y a bien des leaders, ce sont les pasteurs/bergers de l’Église de Jésus-Christ. Mais ce sont des leaders serviteurs et non pas des dominateurs.

Amitiés à tous! Désiré

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Pourquoi des leaders? (archives)

Suite à une discussion j’ai repensé à des textes que j’ai écrit il y a des années.
Je ne le dirais plus ainsi, mais cela peut être une bonne base de discussion.

Dernièrement, je lisais un livre (en anglais) sur le leadership. Quelques idées intéressantes à glaner. Mais également, des justifications de la pratique du leadership dans des textes où elle est manifestement absente. Cela m’a mené à une de ces pensées éclair (révélations?) qui m’arrivent de temps en temps. La voilà quelque peu élaborée.

Est-ce que le concept du leadership n’a pas gauchi notre compréhension des Écritures? Alors qu’il ne s’y trouve que fort peu. J’ai consulté la Online Bible: “leader” se trouve 3 fois dans l’AT dans la version ASB, mais pas dans le NT. L’équivalent français “dirigeant” ne se trouve pas dans la LSg, sauf une fois sous une forme verbale.

“Conducteurs”, 3 fois, uniquement en Hébreux 13 Heb 13:7 Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi. Heb 13:17 Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage. Heb 13:24 Saluez tous vos conducteurs, et tous les saints. Ceux d’Italie vous saluent.

Le verbe “diriger” n’est présent que deux fois dans le NT LSg dans un sens approchant de celui utilisé aujourd’hui mais sans beaucoup de précisions: 1Th 5:12 Nous vous prions, frères, d’avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur, et qui vous exhortent.

1Ti 5:17 Que les anciens qui dirigent bien soient jugés dignes d’un double honneur, surtout ceux qui travaillent à la prédication et à l’enseignement. (Est-ce que cela sous-entend qu’il y a des anciens qui dirigent mal?)

Cela me semble un peu mince pour tout le plat que l’on fait de cette question. Surtout que le domaine de direction concerné est peu défini dans ces textes!

Autre question directement relative: Quand on est gêné par un mot on cherche à en employer un autre moins rugueux. Pourquoi donc utiliser “leader” au lieu de directeur, dirigeant, conducteur, chef, …? Si l’on n’ose pas utiliser le mot français, cela dénote pour moi qu’il y a un problème sous-jacent, peut-être même un désir inconscient de tromper sur la marchandise.

Quand au mot allemand “Führer” il est encore plus mal connoté (bon d’accord, il existe le synonyme “Leiter”). Leader Massimo, n’est guère mieux, c’est le titre donné à Fidel Castro!

En écrivant, je me suis aperçu que moi-même j’ai un problème avec le mot “leader”, car en le traduisant de l’anglais, j’avais l’habitude d’écrire “responsable” alors que la traduction juste est “dirigeant”.

Alors vient la question suivante: est-ce que l’Église est composée de dirigeants et de dirigés, à l’image d’une armée ou d’une entreprise, ou est-elle une famille? Dans une famille, les parents dirigent certainement leurs enfants, mais ils ne font pas que cela, loin de là! Dans une armée, la plupart des soldats sont destinés à rester soldats ou à devenir de la chair à canon! Dans une entreprise la majorité des ouvriers et des employés sont destinés à rester ce qu’ils sont. Dans une famille, tous les enfants sont destinés à devenir des adultes comme leurs parents et, si possible, à devenir eux-mêmes parents. Ce n’est pas en le dirigeant qu’on amène un enfant à devenir adulte, c’est en le nourrissant, en l’aimant, en le protégeant, en le guidant aussi.

Est-ce que cette phraséologie ne serait que la version moderne de la division de l’Église entre clergé et laïcs? Il est clair que de refuser cette compréhension de l’Église touche les fondements mêmes des systèmes religieux actuels. Je me propose dans des réflexions futures, de développer la vision de l’Église comme famille, de la signification des ministères en son sein, et du rôle des anciens. Je pense qu’il est nécessaire, à l’instar du ministère de Jérémie, de d’abord déraciner ou arracher les vieux arbres pourris, avant de faire une nouvelle plantation, ou de raser totalement un bâtiment quand ses fondations sont devenues incapables d’assurer sa stabilité et qu’elles le rendent dangereux.

Amitiés à tous! Désiré

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Une prière orthodoxe (traduction libre)

Je m’attends à toi

Seigneur, je ne sais que te demander.

Toi seul connais mes vrais besoins.

Tu m’aimes plus que ce que je comprends de l’amour.

Aide-moi à voir mes besoins réels qui me sont cachés.

Je ne sais si je devrais demander une croix ou une consolation.

Je peux seulement m’attendre à toi ; mon cœur t’est ouvert.

Visite-moi et aide-moi dans ton amour inébranlable.

Frappe-moi et guéris-moi ; abaisse-moi et relève-moi.

J’adore en silence ta sainte volonté.

Je m’offre à toi comme un sacrifice vivant.

J’ai placé toute ma confiance en toi.

Je n’ai aucun autre désir que d’accomplir ta volonté.

Enseigne-moi à prier.

Prie toi-même en moi.Amen.

Métropolite Philarète de Moscou

Cette prière rejoint passablement mes prières actuelles.

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