Archive pour juillet 2013

La Bible n’est pas parfaite et elle le dit (traduction)

De Zack Hunt sur le blog http://theamericanjesus.net/

Le 28 mai 2013

Si vous bloguez suffisamment longtemps, quelqu’un finira par vous traiter d’hérétique.

Des chiens de garde autoproclamés de l’orthodoxie infestent internet presque autant que la pornographie.

Exprimez quelque chose qui ne correspond pas à leur tradition théologique particulière et ils damneront votre âme pour une éternité dans l’enfer aussi rapidement que vous cliquez sur « publier » dans votre blog.

Ma dernière accusation comme hérétique date de la semaine passée sur Twitter. Quel crime théologique ai-je commis ?

Je ne crois pas à l’inerrance biblique.

J’ai cherché à faire remarquer à mon inquisiteur que l’inerrance biblique est une invention fondamentaliste du 20e siècle et qui n’est pas intrinsèque à la tradition chrétienne. Mais des choses comme les faits et l’histoire de l’Église ne sont que secondaires pour le zélote religieux.

Certainement, l’hérésie peut techniquement signifier une rupture relativement au dogme traditionnel et par conséquent une nouvelle doctrine comme celle de l’inerrance qui est en rupture avec l’approche dogmatique traditionnelle de l’Écriture (qui remonte jusqu’aux premiers Pères de l’Église) serait techniquement une hérésie.

Déclarer que votre affirmation exprime une plus authentique (ou plus « fondamentale ») forme de christianisme, envers et contre presque tous ceux qui vous ont précédé vous placerait en compagnie de Joseph Smith et des Saints des Derniers Jours.

Mais c’est moi l’hérétique ici.

Juste.

Quoi qu’il en soit, cet article n’est pas sur les problèmes historiques liés à l’inerrance biblique. Il parle du manque de foi que cette conception manifeste et de ce que la Bible déclare véritablement à son propre sujet.

C’est exact. J’ai dit un manque de foi.

Est-ce qu’affirmer l’inerrance biblique dans une société de plus en plus post-chrétienne n’est pas un acte courageux de foi ?

Pas du tout.

La foi, comme Paul Tillich l’a dit, exige une part de doute. C’est le choix de croire face à une évidence incomplète ou même imparfaite. L’inerrance, par contre, est l’affirmation arrogante d’une certitude face à la réalité.

Et, comme Anne Lamott le relève de manière éloquente : « Le contraire de la foi n’est pas le doute, c’est la certitude. »

L’inerrance biblique est une certitude fondée sur la crainte et le besoin de contrôle. S’il y a une seule « erreur » dans la Bible, comme le déclarent les inerrantistes, comment pouvoir y faire confiance ? La réponse à cette question prétendument difficile est en fait assez simple.

La foi.

Comment le sais-je ? Parce que j’ai une maman.

Quand j’étais enfant, ma maman me disait de regarder des deux côtés avant de traverser une route. Si je ne regardais pas des deux côtés, disait-elle, je pourrais ne pas voir une voiture arriver. Si je n’avais pas vu cette voiture et que je m’étais avancé devant elle, de mauvaises choses pourraient m’arriver, comme des os fracturés ou même la mort.

Ma maman n’est pas parfaite. Elle serait la première à vous le dire. Elle possède plusieurs diplômes et l’expérience d’une vie, mais elle vous dirait aussi qu’elle n’est pas inerrante.

Néanmoins, je peux lui faire confiance quand elle me dit que m’avancer au-devant d’une voiture en marche aurait des conséquences négatives pour mon bien-être.

Pourquoi ?

Parce que l’inerrance ou la « perfection » n’est pas une condition indispensable pour transmettre la vérité, la connaissance, ou même la confiance. Quelque chose ne peut pas être complètement faux et demeurer « vrai » et « digne de confiance », des erreurs ne rendent pas quelqu’un ou quelque chose totalement invalide.

C’est pour cela que l’exemple de ma maman est si important

Quand j’ai grandi, je suis passé à ce stage que nous connaissons tous où nous réalisons que nos parents ne sont pas parfaits. Peu importait à quel point je désirais qu’elle soit parfaite, je devais accepter que ma maman faisait des erreurs et qu’elle avait tort dans certains domaines. Cette réalité ne remettait pas en cause les choses vraies qu’elle m’avait apprises, comme le fait que m’avancer en ignorant le trafic était une très mauvaise idée.

Quand je suis devenu adulte, j’ai quitté la certitude par laquelle je croyais que ma maman était parfaite, vers une foi en elle quand j’ai reconnu ses défauts. Ma maman n’a changé en rien durant cette période. Elle m’aime toujours autant et je l’aime de même. Je peux lui poser plus de questions que quand j’avais 5 ans, mais toute une vie d’amour et de conseils me permet de continuer à garder ma foi en elle et dans son désir de ce qui est mieux pour moi. Quand elle parle, elle exprime ce qu’elle croit être la vérité et même si je peux trouver quelques erreurs dans ce qu’elle dit ou fait, cela ne signifie pas qu’elle est subitement devenue une menteuse indigne de confiance.

En d’autres termes, ma maman ressemble beaucoup à la Bible. Elle n’est pas parfaite, mais je peux néanmoins avoir confiance dans la véracité de ce qu’elle dit.

Vous voyez, c’est permis de croire que l’arche de Noé était remplie de tous les animaux de la Terre quand vous aviez 5 ans et ensuite de changer d’avis lorsque vous vous rendez compte de l’impossibilité matérielle, quand vous êtes devenu adulte. Ceci tout en gardant foi dans cette histoire. Pourquoi ? Parce que la vérité de l’arche de Noé ne se trouve pas dans sa précision zoologique. On la trouve dans le message d’un Dieu qui veille sur sa création et s’en occupe, même au milieu d’une tempête.

Ces diverses sortes de vérités que la Bible cherche à transmettre ne dépendent pas de la perfection de leurs auteurs ou même qu’ils ont raison sur tous les points. Ces sortes de vérité nécessitent seulement un message véridique.

Eh oui, j’ai dit auteurs.

La simple réalité montre que la Bible a été écrite par des personnes. Si vous ne me croyez pas, je devrais remettre en question le soin avec lequel vous avez réellement lu les nombreux livres de la Bible qui déclarent explicitement leur paternité humaine, comme chacune des lettres de Paul pour n’en nommer que quelques-uns.

Mais, cela ne signifie pas que la Bible n’est pas « inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, et pour former à la justice. » Elle l’est profondément. Mais Écriture « inspirée de Dieu » et Écriture « infaillible » sont deux choses très différentes. Comment puis-je le savoir ?

Parce que la Bible me le dit.

Vous souvenez-vous de l’autre moment important où nous lisons sur quelque chose qui est « inspiré de Dieu » dans l’Écriture ? Bien sûr. Nous le trouvons au tout début, en Genèse 2:7, quand Dieu a pris la poussière de la terre, et qu’il y insuffla la vie pour créer l’humanité.

En ce moment, Dieu insuffla la vie en quelque chose… qui n’était pas parfait. Cela ne pouvait pas l’être, car ce quelque chose n’était pas Dieu.

(Avant que vous essayiez d’argumenter sur notre perfection avant la chute, demandez-vous d’abord pourquoi le fruit défendu aurait été une tentation si nous étions déjà parfaits. Ne l’oubliez pas, Dieu nous a appelés « bons », mais pas parfaits.)

Comme l’Écriture est aussi « inspirée de Dieu », cela signifie qu’elle n’est pas non plus Dieu. Ni même qu’elle vient directement de Dieu, mais qu’elle passe par un intermédiaire. Au début, l’intermédiaire entre nous et Dieu était la poussière. Dieu a soufflé en elle et notre création en a résulté.

Pour la Bible, Dieu a insufflé sa vérité dans les cœurs et les pensées de personnes. La création de la Bible en fut le résultat. Mais, comme cette vieille poussière de laquelle nous sommes nés, les personnes qui ont écrit la Bible, les intermédiaires de Dieu, n’étaient pas parfaits. C’est pour cela que Paul dit : « Aujourd’hui, nous voyons comme dans un miroir, d’une manière floue, mais alors nous verrons face à face ; aujourd’hui, je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. »

Si Paul savait que la Bible, ou les parties qu’il en avait étaient parfaites, il aurait simplement dit : « Nous connaissons parfaitement parce que nous avons l’Écriture. » Mais il ne l’a pas dit, parce qu’il savait que même avec l’Écriture comme source de connaissance que la connaissance était imparfaite, car elle était inspirée de Dieu, et qu’elle n’était pas Dieu Lui-même.

En d’autres mots, la Bible inspirée de Dieu est semblable aux personnes inspirées qui l’ont écrite. Elle n’est pas parfaite. Et ce n’est pas grave parce que, comme c’est le cas avec nos parents, nous pouvons néanmoins apprendre des vérités importantes de la part de gens imparfaits.

C’est là que la foi entre en jeu. La foi nous oblige à dépendre de Dieu et à mettre notre confiance en Lui. Sans la nécessité de la foi, Dieu n’est pas vraiment nécessaire, du moins de ce côté de l’éternité. Quand Paul parle de voir comme dans un miroir, de manière floue, c’était une déclaration de foi que, même si ses connaissances étaient seulement partielles et imparfaites, elles étaient suffisantes pour son salut, suffisant pour le guider jusqu’au retour du Christ. Quand nous prenons le chemin de l’inerrance, l’espace pour ce genre de foi humble s’évapore et il est remplacé par une arrogance qui déclare une certitude plus forte que celle que les auteurs bibliques eux-mêmes étaient prêts à affirmer.

Ce qui signifie que lorsque nous affirmons l’inerrance, nous rejetons la nécessité de la foi.

Lorsque nous affirmons l’inerrance, nous attribuons la perfection à la création plutôt qu’au Créateur.

Lorsque nous affirmons l’inerrance, nous créons une idole fabriquée à partir du même besoin de certitude et de contrôle qui a poussé Adam et Ève à voler à Dieu sa divinité.

Exprimé simplement, l’inerrance biblique n’est pas biblique.

Mais je ne suis pas assez naïf pour penser que quelqu’un qui croit en l’inerrance biblique va « découvrir la lumière » après avoir lu ce message.

Notre crainte et notre nécessité enracinée de contrôle ne sont pas surmontées aussi facilement.

Donc, si vous lisez ce message et vous affirmez l’inerrance biblique, sachez que vous n’êtes pas seulement en rupture avec la tradition de l’Église, mais que vous rejetez également l’imperfection que la Bible s’attribue elle-même, cette imperfection qui est nécessaire pour la foi.

Vous pouvez avoir la certitude et par conséquent ne pas avoir besoin de foi dans la Bible.

Au contraire, l’apôtre Paul avait certainement besoin de foi.

Et moi de même.

Grâce et paix,

Zack Hunt

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