Donner sa vie à Dieu, vraiment?

Dimanche passé, lors de la louange du culte, nous avons chanté (pas moi !) Je te donne tout, de Luc Dumont, et je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’inversé dans ce chant.
Le refrain dit :

  • « Prends mon âme
  • Prends mon cœur
  • Je te donne tout
  • Prends ma vie
  • Me voici
  • Je te donne tout
  • Mon cœur est à Toi
  • Tout à Toi. »

Celui qui a tout donné c’est Jésus et nous n’avons pas à refaire son sacrifice, il me semble.
J’ai voulu regarder ce que le Nouveau Testament dit au sujet de donner sa vie à Dieu ou au Christ. J’ai donc fait une recherche sur les versets contenant le verbe donner et le mot vie. Parmi tous ceux qui sont significatifs, la grande majorité parle de Jésus qui a donné sa vie. Les seules exceptions sont les suivantes. Pierre qui dit qu’il donnerait sa vie pour Jésus, et ceci juste avant de le renier ; un texte qui dit que l’amour c’est de donner sa vie pour ses amis ; et un qui dit que comme Jésus a donné sa vie pour nous, nous devons donner la nôtre pour nos frères.
Quand nous donnons notre vie à Dieu ne sommes-nous pas dans la présomption et de celle qui précède la chute ? Nous avons à recevoir de Dieu et à le donner aux frères et au monde. Quand « JE » donne sa vie, est-ce que « JE » ne se met pas au centre ?

Donner sa vie à Dieu est encore un de ces clichés évangéliques sans fondement biblique. À mon avis, ces clichés nous empêchent de recevoir la plénitude du don de Dieu.

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  1. #1 by David Vincent on 1 février 2014 - 16:22

    Merci pour cette remarque qui donne matière à réflexion.

  2. #2 by Nioniotte on 1 février 2014 - 19:02

    Une réflexion plutôt assez troublante qui fait réfléchir

  3. #3 by Gérard Viatte on 2 février 2014 - 08:41

    Mon fils , donne-moi ton coeur, Prov.23:26

    Marc 8:35 Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera. 36 Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme ? 37 Que donnerait un homme en échange de son âme ? Celui qui perdra sa vie (ou qui la donnera au Seigneur). Ne peut-on répondre à l’amour de notre Dieu en ce donnant nous-mêmes?

  4. #5 by Philippe Narbel on 2 février 2014 - 10:49

    Salut Désiré! Si je suis ce que tu dis, tu ne dois pas souvent dire “JE” t’aime à ta femme! Nous connaissons tous l’image du couple utilisée abondamment dans le NT pour parler de la communion désirée, du projet de vie entre le Seigneur et nous. Pour moi ces paroles sont une formulation (parmi d’autres possibles évidemment) de la réponse de quelqu’un qui a été touché en premier par l’amour de Dieu. Pour moi, le projet est vraiment dans la communion parfaite, et dans celle-ci, je ne suis pas appelé à me dissoudre, m’évaporer. Dieu veut quelqu’un en face, qui a son mot à dire, ses décisions à prendre, face à la grâce de Dieu offerte à tous.

    • #6 by Désiré Rusovsky on 2 février 2014 - 17:35

      Ouimé! Même s’il n’y a aucune base biblique qui appelle à se donner à Dieu, ce genre de parole ne se dit généralement pas qu’une fois, mais il se répète souvent en particulier dans des chants. Il y a fréquemment le désir de se donner toujours plus à Dieu comme si on ne s’était jamais assez donné. Et cela devient une course sans fin. Alors que nous avons à recevoir toute la plénitude de la grâce de Dieu pour la communiquer aux frères et au monde.
      Je ne suis pas non plus certain que le romantisme mièvre d’une bonne partie de nos chants et qu’une expression sentimentale envers Dieu soient très fondées bibliquement. L’épouse du Christ n’est pas l’âme individuelle, mais l’Église dans son ensemble.

  5. #7 by Philippe Narbel on 3 février 2014 - 00:24

    Pas d’accord avec toi Désiré. Tu mets en opposition la notion d’individu et celle du Corps, l’épouse. Certains vont focaliser sur l’individu, ce qui est effectivement dommageable. Toi tu focalises sur le Corps, l’ensemble, et c’est tout autant dommageable. Le Corps est constitué de la somme des individus. Sans individus, pas de corps. Les deux sont indissociables, et autant dans le cœur de Dieu l’un que l’autre. Pour imager mon propos: dans la Jérusalem Céleste, penses-tu que les individus auront été fondu en une seule masse, ou qu’ils resteront définis? Poser la question, c’est y répondre. Il y a matière à discuter au sujet de la tension entre la responsabilité individuelle et collective. Nous sommes ici en plein de ce sujet.
    Mais d’ailleurs par exemple, même en imaginant que le Corps entier voudrait aller à droite, chaque individu de ce corps a la possibilité d’aller à gauche! Ce corps n’est-il pas également la somme du libre-arbitre pratiqué par chacun de ses membres? Dieu sait composer avec toutes ces réalités, nous on a beaucoup plus de peine…
    Quant à l’expression sentimentale envers Dieu, je ne sais pas dans quelles eaux tu navigues, mais pour ma part elle est complètement partie prenante de notre communion à Lui. Le Cantique des cantiques devrait pouvoir nous en convaincre. Là encore, cette expression sentimentale ne saurait remplacer les actes posés, évidemment. Comme dans un couple, on le sait tous. Comme on sait qu’il est bon d’entendre certaines paroles, si elles sont sincères cela va de soi. Les actes sont justement là pour donner du sens et de la profondeur à nos paroles, les sceller d’une manière inaltérable.

    • #8 by Désiré Rusovsky on 3 février 2014 - 01:06

      Philippe. Aucun passage de l’Écriture, sauf éventuellement le Cantique des Cantiques (mais qu’il faudrait d’abord comprendre), n’exprime un amour romantique envers Dieu ou envers le Christ, et encore moins un amour romantique individuel. Aucun psaume ou aucune prière de l’Écriture n’exprime cela. En fait c’est juste un phénomène très récent dans la louange, si on excepte quelques mystiques comme sainte Thérèse d’Avila.
      Je ne crois pas non plus qu’un seul passage de l’Écriture, parle d’épouse ou de fiancée de Dieu ou de Christ concernant un individu. En connaîtrais-tu?

      Pour ce qui est de notre statut individuel face à Dieu et au Christ, il est celui de fils ou de fille et de frère ou de sœur. Il ne peut être que dommageable de mélanger les métaphores.

  6. #9 by Philippe Narbel on 3 février 2014 - 23:31

    Me suis-je mal exprimé? Non, il n’y a pas de passage qui parle du rôle de l’épouse lié à un individu. Je n’ai évidemment rien de tel. J’évoque simplement que le Corps est constitué d’une somme d’individus, appelés à s’adresser à Dieu pas exclusivement en tant que Corps, mais aussi en tant qu’individu. Nul besoin de mettre ces deux notions en opposition, c’est un non-sens.

    • #10 by Désiré Rusovsky on 3 février 2014 - 23:59

      Effectivement, il ne faut pas les mettre en opposition, mais les distinguer. En même temps, il ne faut pas pousser les métaphores trop loin. Plusieurs métaphores différentes imagent la nature de l’Église, comme Corps de Christ, fiancée et épouse, maison de Dieu, peuple de Dieu … Elles sont la pour montrer que la nature de l’Église est au delà des mots et des définitions fermées.
      Je ne peux pas plus être le corps du Christ ou le peuple de Dieu à moi tous seul que je ne peux être l’épouse du Christ.

  7. #11 by Philippe Narbel on 4 février 2014 - 00:23

    On est d’accord sur ce point, c’est un fait que personne ne penserait à contester 🙂

  8. #12 by alaind on 8 février 2014 - 00:39

    Donner sa vie à Dieu !? franchement paradoxal : comment et pourquoi donner sa vie à Celui dont elle est issue ? une formule telle que celle-ci, si communément entendue, m’agace … mais à chacun sa sensibilité, fort heureusement d’ailleurs.

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