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Valeurs eschatologiques fondamentales

1. Je n’adopterai pas une vision de la fin des temps qui redonnerait de l’autorité à un diable rendu impuissant.

2. Je n’accepterai pas une eschatologie qui n’offre pas d’avenir à mes enfants, en créant une manière de voir qui décourage le désir de laisser un héritage.

3. Je ne tolérerai aucune théologie minant en même temps et l’ordre de Jésus de faire des disciples de toutes les nations et le Notre Père qui demande que la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme dans le ciel.

4. Je refuserai toute interprétation des Écritures qui détruit tout espoir pour les nations et mine notre mandat de restaurer des villes en ruines.

5. Je n’adopterai pas une eschatologie qui modifie la nature d’un Dieu bon.

6. Je refuse d’embrasser un état d’esprit célébrant les mauvaises nouvelles comme un signe des temps et la condition nécessaire pour le retour de Jésus.

7. Je suis opposé à toute position doctrinale qui repousse les promesses de Dieu dans un temps inatteignable par ma génération et qui m’enlève toute responsabilité de croire en Dieu pour leur réalisation pendant ma vie.

8. Je ne crois pas que les derniers jours sont un temps de jugement ni que Dieu a donné à l’église le droit d’appeler la colère sur les villes pécheresses. Il y a un jour du jugement où c’est Dieu qui jugera l’homme, et non pas nous.

Traduction libre d’un texte de Kris Vallotton trouvé dans 10 Reasons Why the Rapture Must be Left Behind de S. D. Morrison

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Voilà pourquoi nous pourrions ne pas être dans les “derniers jours” (traduction)

J’aime parler de mon espérance débordante pour un réveil spirituel. Malgré les ténèbres profondes et toute l’agitation, je vois l’Évangile répandre sur toute la terre. La beauté et la magnificence de Jésus transforment littéralement les nations.

Néanmoins, quand je partage des choses similaires, il y en a qui semblent trouver à y redire. Ils ont du mal à accepter mon optimisme sincère.

L’autre jour, je parlais avec un leader bien intentionné qui a commencé à mettre en doute mon point de vue. Il m’a dit, « JD, votre point de vue est absurde. Vous ne remarquez pas à quel point les choses sont terribles ? Vous ne savez pas ce que dit la Bible ? “Qu’il y aura des temps difficiles dans les derniers jours.”(2 Timothée 3:1).

Un autre homme a suggéré que j’étais un “railleur”. Il a dit : “ne savez-vous pas ce que Jude, le demi-frère de Jésus a déclaré : ‘dans les derniers temps des railleurs surgiront qui suivront leurs propres désirs impies’ (Jude 1:18). Si vous ne voyez pas que les choses s’aggravent, vous n’êtes rien de plus qu’un railleur, qui rejette la parole de Dieu.”

Beaucoup soulignent que la Bible prédit des catastrophes et des troubles, alors que nous descendons dans les “derniers jours”. Ils sont convaincus que, selon le grand récit biblique, le cataclysme et la destruction sont imminents. Il semble qu’il ne peut y avoir ni bonté ni espoir dans ces “temps difficiles.”

Ce genre de vision du monde est compréhensible. Une lecture superficielle du Nouveau Testament pourrait certainement suggérer cette réalité perturbante. Toutefois, les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être.

L’expression “derniers jours” est sans doute l’une des plus mal comprises de la Bible. Contrairement à l’opinion populaire, elle ne parle pas la fin du monde, mais la fin de l’époque de l ““Ancienne Alliance”.

Plutôt que de faire référence à la destruction de la terre, c’est une représentation des “derniers jours” du Temple, des sacrifices d’animaux, et du sacerdoce lévitique. La plupart des discussions dans des passages tels que 2 Timothée 3:1 et Jude 1:18 parlent de l’agitation et de la volatilité qui ont eu lieu au cours de cette transition tumultueuse. Ce devait être les “derniers jours” d’une époque religieuse — la fin de tout ce qu’ils connaissaient et expérimentaient. Néanmoins, ce fut aussi le début d’une nouvelle ère qui apporte beauté et émerveillement. (Hébreux 6:20-8:13)

Cela peut vous surprendre d’entendre cela, mais l’auteur des Hébreux montre clairement que les “derniers jours” se passaient au premier siècle. Il déclare à son auditoire que la révélation du Messie avait été reçue, “en ces derniers jours” (Hébreux 1:2). En précisant son sujet, il déclare que “Jésus a maintenant reçu un ministère plus important, puisque l’alliance dont il est le médiateur est fondée sur de meilleures promesses” (Hébreux 8:6).

Les expressions “Derniers Jours” ou “Fin des temps” parlent vraiment d’une transition vers l’ordre de la Nouvelle Alliance qui a eu lieu au premier siècle. Ce fut la fin de ce qui était et le début de quelque chose de nouveau !

C’est vraiment de cela. Pour eux c’était les “derniers jours”, pas pour nous.

Cette expression biblique n’a jamais été supposée être utilisée comme une excuse pour faire dévier la bonne nouvelle de l’évangile de Jésus.

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Voilà pourquoi je ne m’attends pas à aller au ciel (Howard Snyder)

Traduction de:Why I Don’t Expect to Go to Heaven, 

Quinze raisons pour lesquelles je ne m’attends pas à aller au ciel

1. Parce que quand Jésus a dit : « Je vais vous préparer une place », il n’a pas parlé du ciel (Jean 14:2-4).

2. Parce que la « place » à laquelle Jésus fait référence en Jean 14 n’est que dimensionnellement éloignée de la Terre, mais pas géographiquement ou spatialement.

3. Parce que « la parole a été faite chair, » et non seulement esprit (Jean 1:14).

4. Parce que Jésus s’est physiquement relevé d’entre les morts et qu’il a clairement dit qu’il n’était ni un fantôme, ni une apparition, ni un simple esprit.

5. Parce que Jésus n’a pas abandonné sa chair quand il est monté aux cieux.

6. Parce que Romains 8:21-23 promet « la rédemption de nos corps » quand toute la création « sera libérée de l’esclavage de la corruption. »

7. Parce que Pierre a prêché que nous attendons maintenant le retour de Jésus « pour qu’il restaure tout, comme Dieu l’a promis il y a longtemps à travers de ses saints prophètes » (Actes 3:21).

8. Parce que Dieu a l’intention de répondre pleinement à notre prière pour que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel..

9. Parce que le Messie « ne se découragera point et ne se relâchera pas, jusqu’à ce qu’il ait établi la justice sur la terre, » et parce que la Terre sera « remplie de la connaissance de l’Éternel, comme l’eau couvre le fond des mers » (Esaïe 42:4, 11:9).

10. Parce que le Nouveau Testament parle de deux venues de Jésus Christ sur Terre, mais seulement d’un départ.

11. Parce que nulle part la Bible ne parle « d’aller au ciel. »

12. Parce que le sens fondamental du mot « ciel » (quand il ne se réfère pas au ciel physique) est la présence de Dieu.

13. Parce que nulle part la Bible ne dit que la « Terre promise » c’est le ciel.

14. Parce que la promesse finale est une Terre renouvelée, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, et une création restaurée.

15. Parce que Jésus est venu « pour détruire les œuvres du diable » (1 Jean 3:8), pour purifier de tout mal, mais pas pour détruire la Terre qu’il a créée.

Voilà ! Ces quinze pourraient bien sûr être quinze cents si toutes les Écritures pertinentes étaient référencées. Et je n’ai même pas cité mon verset préféré au sujet du dessein de Dieu et de son plan pour réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. (Éph. 1:10).

Alors, que se passera-t-il quand je mourrai physiquement ? Je m’attends à être dans la présence constante directe, joyeuse et paisible du Seigneur, Père, Fils et Saint-Esprit. Jésus a appelé cela « Paradis » (Luc 23:43), comme l’a fait Paul (2 Cor. 12:4). Jésus a dit qu’il y avait beaucoup de place dans la maison de son père, et qu’il ne fallait pas s’inquiéter. Il y a beaucoup de chambres où nous pouvons loger jusqu’à ce que lui et nous retournions sur terre. Là où le ciel et la terre seront restaurés, le Royaume de Dieu dans la plénitude complète, la création guérie.

Pensez-y comme un pavillon de repos, une retraite, un relais sur la route, dans l’attente que le royaume de Dieu soit pleinement « préparé » (Jean 14 : 2) et voyez-y le glorieux et joyeux accomplissement total, de toutes les promesses rédemptrices de Dieu.

Cela vaut certainement la peine de s’attendre à cela entre la mort physique et la résurrection finale.

Ensuite, les choses vraiment créatives commenceront.

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Recadrage: Comment l’église organique produit des disciples

Recadrage: Comment l’église organique produit des disciples.

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14 manières fréquentes de tordre l’Évangile (Howard Snyder)

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HOWARD SNYDER

14 manières fréquentes de tordre l’Évangile

Posté le 3 janvier 2014 par Howard Snyder

1. Interpréter l’Évangile principalement par l’épître aux Romains.

Les écrivains bibliques, y compris Paul, nous disent d’étudier l’ensemble des Écritures et de les interpréter à travers de cette globalité. Mais la tendance persistante à voir l’épître aux Romains comme la clé de toute l’Écriture persiste. Et l’Église et le monde en souffrent. (Voir mon article sur Seedbed, « Misplacing Romans » {Mal situer l’épître aux Romains}.)

2. Se concentrer uniquement sur « le salut personnel. »

La Bible n’enseigne pas le « salut personnel » de la façon individualiste et privée que cette expression en est venue à signifier. Au contraire, elle enseigne de multiples façons et au travers de nombreuses métaphores la réconciliation de toutes choses (par exemple, Éphésiens 1, en particulier le verset 10 : « … réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la Terre. » 1:10, LSg, et Colossiens 1, en particulier le verset 20 : il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix.) – néanmoins pas sans jugement.

3. Faire du Ciel le but.

La Bible et les credo des premiers chrétiens ne disent rien sur « aller au Ciel ». Pourtant, cette phrase est devenue pratiquement synonyme de salut dans bien des esprits. La Bible se concentre sur l’accomplissement de la volonté de Dieu sur la Terre comme au Ciel, et de la rédemption ultime de toute la création, pas une scission cosmique éternelle entre la Terre et le Ciel.

4. La division entre clergé et laïcs.

C’est l’un des premiers signes du « mystère de l’iniquité » dans l’Église. Une fois que Satan nous a convaincus que seulement quelques-uns (et principalement des hommes d’un certain type) sont appelés dans « le ministère, » il a réduit l’efficacité de l’Église de nonante pour cent. La division entre clergé et laïcs est donc plus débilitante que tout autre préjudice dans l’Église. Elle porte atteinte à la doctrine biblique du sacerdoce des croyants, celle des dons de l’Esprit, et celle de l’appel universel à la diaconie (ministère, service).

5. Penser que l’économie et la politique ne sont pas directement des préoccupations liées à l’Évangile.

Cloisonner l’Évangile de l’économie et de la politique, en les situant en dehors de notre vie de disciple, est un dualisme non biblique. L’Évangile est une réalité économique et politique, alors par définition l’Église est autant économique que politique. Mais, l’économie et la politique doivent être interprétées à la lumière de l’Évangile, et non l’inverse. Le Royaume de Dieu en est le cadre général.

6. Rendre la communauté secondaire.

Les auteurs du Nouveau Testament se concentrent beaucoup plus sur la communauté, sur le corps du Christ, sur le fait que nous sommes membres du Jésus-Christ et par conséquent les uns des autres, que sur n’importe quel autre sujet. Moins la communauté est authentique au sens biblique de partage mutuel, de koinonia, plus les différences doctrinales viennent au centre et plus l’Église se concentre sur toute autre chose que la communauté. C’est pourquoi je traite tellement de ce sujet dans mon livre Community of the King (la communauté du roi) et dans d’autres.

7. Négliger l’Ancien Testament.

Ici, les deux erreurs les plus courantes sont : négliger l’holisme des desseins salvifiques de Dieu tels que révélés dans l’Ancien Testament, et accepter le mythe que toutes les vérités importantes de l’Ancien Testament deviennent « spiritualisées » dans le Nouveau. Ainsi, « terre promise », par exemple, vient à signifier « ciel » ou, une certaine expérience spirituelle intérieure. Quand cela se produit, les prédicateurs creusent l’Ancien Testament à la recherche de pépites « spirituelles » qui ont souvent peu à voir avec le contexte biblique historique et avec le sens.

8. Limiter la justice à la droiture personnelle.

Dans l’Ancien Testament, les Psaumes, les Prophètes, la Loi, la Sagesse, couplent constamment la justice et le droit as comme les deux faces de la même réalité globale. Notez, par exemple, le nombre de fois que la justice et le droit sont couplés et utilisés de manière presque interchangeable dans la poésie hébraïque.

Pourtant, l’Église les sépare souvent de différentes manières ; par exemple le droit parle de moralité personnelle et la justice de quelque chose dont Dieu prend soin lui-même grâce à l’expiation et/ou à une condamnation définitive. C’est carrément non biblique.

9. Négliger l’intercession.

Plus je lis sur la prière dans la Bible, sur Moïse, David, Les Prophètes, Job, sur la vie et l’exemple de Jésus, les Épîtres, plus je suis convaincu que l’Église en général et moi-même, nous avons négligé le ministère essentiel de l’intercession. Au travers du mystère de la prière et de l’Esprit de Dieu, l’intercession persévérante du peuple de Dieu peut (et souvent le fait) changer le cours de l’histoire et celui des relations entre les nations et entre les peuples et entre les religions, tout aussi bien que rejoindre nos besoins plus immédiats et personnels.

La prière d’intercession est un des principaux moyens de chercher d’abord le royaume de Dieu.

10. Des « croyants » à la place de disciples.

Jésus appelle et forme des disciples afin que le corps du Christ devienne une communauté de disciples du Royaume de Dieu. Le Nouveau Testament utilise rarement le mot « croyants ». Aujourd’hui, cette réalité est déformée par la tendance d’utiliser « croyants » au lieu de « frères » dans les traductions modernes (ceci afin d’être plus inclusives) ou alors d’utiliser des pronoms comme « eux ».

Ce qui importe n’est pas le nombre de croyants, mais le nombre de disciples, et par conséquent le ministère de faire des disciples.

11. Substituer le royaume de Dieu par le Ciel.

Dans la Bible, le Royaume de Dieu englobe la réalité, la souveraineté et l’amour de Dieu. Il ne s’y trouve aucun dualisme esprit/matière. La plupart des gens du temps de Jésus le comprenaient ; ils savaient, par exemple, que « Royaume des cieux » dans Matthieu était juste une manière différente de dire « Royaume de Dieu ».

Dans la Bible, nous voyons le royaume de Dieu comme étant à la fois présent et futurs, céleste et terrestre, personnel et social, soudain et graduel, intérieur et extérieur, dans une dialectique mystérieuse avec l’Église qui est en elle-même ni le royaume de Dieu, ni séparable du royaume de Dieu.

12. Réduire la foi à un seul domaine de nos vies.

Nous compartimentons. Notre marche chrétienne se réduit seulement à une part de nos vies, et cette part est souvent réduite à ce que nous croyons.

Mais, à présent, demeurent : la foi, l’espérance et l’amour – et la Bible indique clairement ce qui est le « plus grand » et le plus englobant des trois. Selon l’Évangile, la foi n’est pas la réalité ultime, elle est le moyen menant à aimer Dieu et les autres ainsi que toute la création divine avec tout notre être. Et ceci 24/7, comme on dit.

La Bible présente la foi agissant par l’amour ; l’amour étant activé par la foi et actionné par l’espérance – une confiance intégrale dans les étonnantes promesses de Dieu d’un plein-salut-pour-toute-la-création.

13. Ignorer Genèse 9.

Il y a une immense littérature sur la théologie de « l’alliance » ou « fédérale » (du latin « alliance »). Pourtant, curieusement, cette théologie commence presque toujours par l’alliance de Dieu avec Abraham (avec peut-être une allusion à Genèse 3:15). Pourtant, la première alliance biblique explicite se trouve dans Genèse 9, où Dieu établit son « alliance entre Lui et la Terre » (Genèse 3:13).

L’accent est explicite et répété : une alliance avec les humains et avec toutes les sortes d’êtres vivants. Si notre compréhension du salut saute de Genèse 3 à Genèse 12, nous ratons les enseignements bibliques essentiels sur le monde créé et cela déforme tout le reste de la Bible.

14. Divorcer la vie de disciple du soin de la création.

Quand nous négligeons ou déformons la révélation biblique sur monde créé, nous réduisons l’Évangile de beaucoup par rapport aux les promesses de la Bible. Nous le faisons à notre propre perte ; nous appauvrissons l’Église ; nous surspiritualisons l’expérience chrétienne et nous réduisons la dynamique de la mission chrétienne.

Quand on voit comment la vie de disciples et le soin de la création sont inséparablement liés dans le plan de Dieu, l’Église devient puissante avec patience et humilité « pour renverser des forteresses » (2 Cor 10:4).

Il y a, bien sûr, beaucoup d’autres façons de tordre l’Évangile. Chaque fois que nous détournons notre regard de Jésus-Christ et que nous interprétons l’Évangile à travers d’autres lunettes, nous avons des problèmes.

Utilisez le verbe que vous souhaitez : tordre, déformer, fausser, miner, neutraliser, châtrer, émasculer, annuler, dépouiller – le problème persiste et appelle à une vie de disciple basée attentivement sur la Bible, et christocentrique.

Le Saint-Esprit a été répandu à la Pentecôte, mais déjà dans le Nouveau Testament, nous voyons les Apôtres luttant contre des distorsions émergentes.

Et pourtant, souverainement, étrangement, l’Esprit de Dieu est à l’œuvre et il continuera à remplir les promesses et à guider le corps du Christ dans « toute la vérité » (Jean 16:13) jusqu’à ce que « la Terre [soit] remplie de la connaissance du Seigneur, comme les eaux couvrent la mer » (Ésaïe 11:09).

Howard Snyder

Ancien professeur d’histoire et de théologie missionnaire du Asbury Theological Seminary (1996-2006); il fait maintenant de la recherche et la rédaction à Wilmore, au Kentucky. Professeur d’Études wesleyennes, au Tyndale Seminary, à Toronto, 2007-2012. Auparavant il a été ensaignant et pasteur à São Paulo, au Brésil à Detroit, au Michigan; et à Chicago, dans l’Illinois. Le principal intérêt du Dr Snyder est la puissance et la pertinence de Jésus-Christ et de son royaume dans le monde d’aujourd’hui et de demain. Il a, entre autres, écrit : The Problem of WineskinsCommunity of the King, et plus récemment, Salvation Means Creation Healed.

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Est-ce que l’homosexualité pose une question fondamentale (à la foi chrétienne)? (Howard Snyder)

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Est-ce que l’homosexualité pose une question fondamentale?

Posté le 13 septembre 2012 par 

Est-ce que l’homosexualité pose une question fondamentale à la foi chrétienne? Est-ce une question de fidélité doctrinale? Ou est-ce essentiellement une question de droits de l’homme; le sujet actuel de la longue bataille qui a progressivement donné la liberté aux esclaves et travaillé pour l’égalité des femmes et des autres victimes de discrimination?

C’est une question difficile. Les chrétiens bibliques affirment l’égalité de tous les êtres humains créés à l’image de Dieu. Nous devrions travailler pour mettre fin à l’oppression et l’injustice ; nous devrions aider chacun à profiter de la pleine liberté de l’Evangile de Jésus-Christ.

Qu’en est-il alors, de l’homosexualité et des pratiques homosexuelles?

J’ai acquis la conviction que c’est en effet une question fondamentale pour la foi et le témoignage chrétien. C’est plus qu’une question de droits et de liberté. Cela porte sur des fondements de la doctrine chrétienne.

Voici quatre raisons pour lesquelles l’acceptation ou non-acceptation de la pratique homosexuelle est une question fondamentale pour la foi chrétienne.

1. Le témoignage de l’Écriture

Qu’est-ce que la Bible enseigne?

Dans son livre Slaves, Women & Homosexuals: Exploring the Hermeneutics of Cultural Analysis (InterVarsity, 2001 – esclaves, femmes & homosexuels : explorer les herméneutiques de l’analyse culturelle), le bibliste William J. Webb fait une constatation décisive. Webb examine attentivement la “direction du mouvement dans la Bible” sur une série de questions “comme critères pour interpréter aujourd’hui la vérité biblique .” Ses sujets d’analyse particuliers, comme son titre l’indique, sont l’esclavage, les femmes et l’homosexualité.

Quand il s’agit de esclaves et des femmes, Webb montre que la trajectoire de la révélation biblique est toujours vers une plus grande liberté, vers moins de restriction et de discrimination. Comme il le dit, les textes bibliques traitant des femmes et des esclaves deviennent «en général» progressivement moins restrictifs » ou [montrent un]« adoucissement » par rapport à la culture au sens large, tandis que les textes de l’homosexualité sont« plus restrictif »ou [démontrent un]« durcissement »par rapport au milieu environnant »(p. 83). Une série d’autres critères herméneutiques confirment cela, dit-il.

En d’autres mots: Alors que la Bible nous présente une «trajectoire» herméneutique vers une plus grande liberté (moins de restrictions) pour les femmes et les esclaves, à la fois dans l’Écriture et par rapport au contexte culturel, une telle trajectoire ne se trouve pas dans le cas de la pratique homosexuelle. Dans toute la Bible, Ancien et Nouveau Testament, la pratique homosexuelle est interdite et considérée comme péché.

Webb indique ceci de manière plus explicite dans la conclusion de son livre: «les textes sur l’homosexualité sont d’une catégorie différente de ceux sur les femmes et sur l’esclavage. Les premiers sont presque entièrement transculturels dans leur nature, alors que les autres sont fortement liés à la culture. Cette réalité fournit une réponse décisive aux défenseurs des homosexuels qui disent que les dimensions culturelles des textes sur les femmes et sur l’esclavage devraient conduire à l’acceptation de l’homosexualité. L’analyse de l’ensemble de la révélation biblique montre la différence fondamentale entre la question des femmes et la question de l’homosexualité» (p. 252, souligné dans l’original).

L’homosexualité est donc fondamentalement différente des questions de l’esclavage et du rôle des femmes. Étant donné que l’homosexualité va au cœur même de l’identité humaine, elle n’est pas, d’un point de vue chrétien, premièrement une question de droits civils. Dans la société civile, toutefois, les droits des homosexuels deviennent une question légitime.

En d’autres termes, la Bible (et donc l’Église chrétienne) , par définition, reconnaît et défend un niveau différent et plus élevé de comportement moral que ne le fait une société civile qui est en droit neutre et «laïque» à l’égard de la religion.

Nous nous empressons d’ajouter, toutefois, que le commandement biblique d’aimer est d’un plus haut niveau de vérité et d’éthique que l’interdiction des pratiques homosexuelles. La bonne façon de concilier cela est théoriquement clair, bien que difficile dans la pratique : les chrétiens doivent montrer un amour sans bornes envers les personnes homosexuelles, tout en n’acceptant ne pas les pratiques homosexuelles comme admissibles dans le cadre de la sainteté chrétienne et de la vie de disciple.

Est-ce la même chose que dire : « haïr le péché , aimer le pécheur ? » Oui, mais avec deux conditions. Tout d’abord, l’exemple de Jésus montre très clairement que les chrétiens sont ceux qui parfois traînent et mangent avec les pécheurs et les parias. Deuxièmement, nous nous rappelons qu’en lui-même un péché homosexuel n’est pas plus grand qu’un péché hétérosexuel.

La condamnation biblique constante des pratiques homosexuelles, contrastant avec les questions des esclaves et du rôle des femmes, nous laisse avec un argument qui est incontestable, si l’on ne compromet pas l’autorité de la Bible.

2. La Question de la vie de famille

Trois raisons supplémentaires pour lesquelles l’homosexualité est une question fondamentale pour les chrétiens, en commençant par la question de la stabilité familiale:

Une société qui tolère les pratiques homosexuelles et les familles homosexuelles peut-elle être stable ? Peut-être, bien que je ne pense pas que cela ait déjà été essayé dans l’histoire humaine.

Mais la santé de la vie familiale et celle de la société au cours des générations demande de continuer à voir la pratique homosexuelle comme moralement choquante d’un point de vue chrétien, même si elle est tolérée dans la société (comme c’est de plus en plus le cas dans le monde occidental).

La raison est la suivante: le plan de Dieu tel que révélé dans l’Ecriture est lié avec les familles et avec le maintien de l’alliance de fidélité au fil des générations. (On notera l’insistance biblique sur «générations», qui je commente dans Salvation Means Creation Healed {Le Salut implique la guérison de la création}.)

Une société saine et encore plus une vie d’église saine, dépendent d’une vie familiale saine. L’église est la famille de Dieu et la famille chrétienne est l’église de Dieu.

Certes, Jésus n’a pas fondé sa première communauté des disciples sur des unités familiales biologiques. La sororité et la fraternité chrétienne transcendent la sororité et fraternité biologique. Néanmoins, la Bible et l’Évangile enseignent clairement que l’unité familiale biologique (homme et femme unis et normalement procréatifs) est fondamentale dans le plan de Dieu et dans la formation et la fidélité générationnelle de son peuple. « Pour cette raison, un homme doit quitter son père et mère et s’attacher à sa femme, et les deux deviennent une seule chair » (Mt. 19:5; cf Gen 2:24).

Considérez également les nombreuses injonctions bibliques à « enseigner à vos enfants » les voies du Seigneur (par exemple, Deut. 11:19). Cela implique deux choses: Que les hommes et les femmes (habituellement) se marient et ont des enfants, et qu’ils doivent leur apprendre ce que la Bible dit à propos des relations sexuelles et entre genres. Si ces deux choses ne se font pas, manifestement la société va dévier de la voie de Dieu.

L’église est fondée en grande partie (mais pas exclusivement) sur le mariage et la vie de famille, et une société saine et stable se construit en grande partie sur les familles chrétiennes saines et stables. Maintenir des normes bibliques de relations sexuelles et entres genres contribue à la stabilité sociale au fil des générations.

3. L’image de Dieu

“Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il les créa» (Gen 1:27 ), avec une pleine égalité, avec la tâche de «diriger » et de gérer conjointement la terre .

La création de l’homme à l’image de Dieu est un fait extrêmement important, pratiquement et théologiquement, comme John Wesley la exprimé si profondément. Elle a des implications essentielles pour le salut, pour la sainteté et pour la nouvelle création. Elle est pertinente dans la question de l’homosexualité.

La création de l’homme comme mâle et femelle est en quelque sorte le reflet de l’unité et la diversité de la Sainte Trinité. Lorsque le Dieu tripersonnel crée, l’humanité sexuée est un résultat capital. La profonde unité-dans-la-diversité de la Trinité est dans un sens dérivé, reflétée dans l’unité-dans-la-diversité de la famille humaine — mère, père, progéniture. Dieu est au-delà des sexes, mais la richesse de la vie trine génère la distinction entre les sexes à l’intérieur de l’unité de la personnalité humaine.
Ce fait en lui-même ne résout pas toutes les questions concernant l’homosexualité (comme certains conservateurs semblent le penser). Cependant, cela donne du poids du côté de la morale biblique, avec son interdiction de la pratique homosexuelle.

La création humaine sexuée à l’image de Dieu est une question centrale sur l’identité humaine. En clair, cela établit une norme biblique pour les personnes, les familles, les sociétés et de la culture. C’est un fondement des alliances bibliques. Les enseignements continus de l’Écriture en matière d’éthique sexuelle (soit hétéro, soit homo) s’intègrent ainsi naturellement et logiquement dans la cohérence du plan du salut révélé par la Bible.

Puisque le salut signifie la guérison de la création, dans sa plénitude il signifie toujours également la guérison dans le domaine de l’égalité des relations entre genres, à court terme et / ou à long terme, ceci dans la plénitude du plan et des dessins de Dieu.

4. Identité et témoignage contre-culturel

L’église, dans sa défense des voies de Dieu, est toujours contre-culturelle sur certains points clés. Ces points varient avec le temps et avec les contextes socioculturels. Aujourd’hui, un point essentiel de l’identité et du témoignage contre-culturel concerne l’homosexualité.

Il ne sert à rien d’être contre-culturel juste pour le plaisir d’être contre ou différent (ce que l’église oublie parfois). Dans chaque contexte, l’église est sous certains aspects culturelle, dans d’autres sous-culturelle, et dans d’autres encore contre-culturelle. La question clé est toujours: Qu’est-ce que la fidélité à Jésus-Christ et à l’Alliance de Dieu et au Royaume signifie maintenant, dans ce contexte particulier?

Aujourd’hui, en Occident, mais également de plus en plus mondialement, l’homosexualité est une question clé et stratégique de l’identité et du témoignage contre-culturel. Ce n’est pas la seule, ni même la plus importante. L’église actuelle a besoin d’être contre-culturelle dans son soin pour la terre, dans la construction de communautés d’amour face à l’individualisme et à l’isolement des personnes, dans son rejet du matérialisme, du consumérisme, et de la marchandisation, dans la rédemption des arts, et dans d’autres domaines. Mais pour toutes les raisons citées ci-dessus, l’homosexualité est une question clé et fondamentale.
La question ici n’est pas d’abord négative, par la condamnation. Au contraire, elle est positive: en manifestant et en incarnant une manière de vivre meilleure, plus saine, plus épanouissante et générationellement durable. Une communauté chrétienne fidèle donne l’exemple d’une meilleure manière de vivre, en démontrant vraiment l’amour de Jésus-Christ.

C’est un domaine clé où les chrétiens peuvent donner un puissant témoignage positif, non d’abord par ce qu’ils disent ou par ce qu’ils condamnent, mais par ce qu’ils démontrent dans leurs propres vies et  parleur amour, incarnant l’alliance biblique dans leurs relations mutuelles, soit dans le mariage ou soit dans célibat.

D’un autre côté

Mon argument ici est donc essentiellement positif et non négatif. Les relations saines, pures et licites entres sexes figurent parmi les grandes bénédictions de vivre selon Dieu. Cela inclut des liens d’amitié très étroits mais non-érotiques entre sexes et de même sexe. La vie même de Jésus a montré cela, comme le témoigne également l’église primitive.

Mais nous devons ajouter quelques précisions et quelques clarifications sur l’homosexualité comme une question centrale.

Comme chrétiens, nous sommes appelés à étendre la compassion et la compréhension dans ce domaine tout comme dans d’autres. Nous devrions aller aussi loin que la vérité chrétienne le permet pour accepter des personnes homosexuelles. La doctrine chrétienne repose sur l’amour et la vérité. L’amour sans la vérité n’est pas le vrai amour, et la vérité sans l’amour est en fait le mensonge. Nous démontrons donc l’amour de Dieu de toutes les manières possibles et véritables, sans compromettre la vérité biblique en matière d’éthique de genre.

À cet égard, j’aime beaucoup l’approche de Thomas Hopko dans son petit livre pénétrant, Christian Faith and Same-Sex Attraction: Eastern Orthodox Reflections (Conciliar Press, 2006) {Foi chrétienne et attraction pour le même sexe: Réflexions orthodoxes orientales}.

Hopko, ancien doyen du Séminaire Saint-Vladimir, dit que les chrétiens devraient comprendre l’attraction envers le même sexe dans une perspective de la révélation biblique, sans tenir compte à quel point cela peut sembler contre-culturel – même si nous pouvons également apprendre des études socio-scientifiques en cours.

Il écrit: « Avoir des désirs amoureux envers des personnes de son propre sexe n’est pas du tout un péché; c’est tout à fait naturel, normal et nécessaire. » Lorsque ces désirs sont érotiques ou conduisent à des comportements homosexuels, cependant, ils sont coupables et doivent être traités comme tels – avec compassion, compréhension, et fermeté. (Ici Hopko s’inspire de C. S. Lewis.)

Hopko considère l’attirance érotique pour le même sexe à travers le prisme du discipulat. Tous les chrétiens sont des porteurs de croix. Les chrétiens aux prises avec des tendances homosexuelles, quelle que soit leur source, ne sont pas différents, sauf dans la nature de leur lutte. Ils doivent “voir leur refus d’agir selon leurs émotions sexuelles comme une occasion extraordinaire d’imiter le Christ» plutôt que de se conformer au monde.

Hopko dit que les chrétiens doivent aimer les homosexuels et défendre leurs droits civils, y compris les partenariats enregistrés. Les « unions civiles » ne sont pas un mariage chrétien, mais elles peuvent fournir une protection nécessaire dans notre monde déchu. Nous devons reconnaître que la société civile et multi-religieuse n’est pas l’Église de Jésus-Christ.

Conclusion

Je suis toujours réticent à accepter les arguments du type « point de non-retour » ou « pente savonneuse ». Les « théories des dominos » des événements sont toujours fragiles, souvent sans fondement et exagérées. Néanmoins, l’homosexualité est en effet un enjeu clé. C’est presque (mais pas absolument) un test décisif vis à vis de l’adhésion à l’autorité de la Bible.

Chez deux ou trois de mes amis évangéliques que je respecte et pour un magazine chrétien, auquel j’étais abonné, cela a été exactement ça — un élément clef. Dans chaque cas, une fois que l’homosexualité a été reconnue comme acceptable pour les chrétiens, d’autres compromis sur l’autorité de la Bible ont suivi. Une ligne a été franchie. La Bible n’avait plus l’autorité, qu’elle a généralement quand l’église est vivante et fidèle.

L’homosexualité est en effet une question fondamentale. La fidélité biblique requiert de considérer la pratique homosexuelle comme un péché et comme une violation de la loi divine, elle exige également une compassion sans réserve et une compréhension à l’égard des personnes homosexuelles dans l’esprit de Jésus et par la puissance du Saint-Esprit.

(traduit avec autorisation de l’auteur qui est pour moi une référence depuis des années.

 

Howard Snyder

Ancien professeur d’histoire et de théologie missionnaire du Asbury Theological Seminary (1996-2006); il fait maintenant de la recherche et la rédaction à Wilmore, au Kentucky. Professeur d’Études wesleyennes, au Tyndale Seminary, à Toronto, 2007-2012. Auparavant il a été ensaignant et pasteur à São Paulo, au Brésil, à Detroit, au Michigan, et à Chicago, dans l’Illinois. La préoccupation principale du Dr Snyder est la puissance et la pertinence de Jésus-Christ et de son Royaume dans le monde d’aujourd’hui et de demain. Il a, entre autres, écrit : The Problem of Wineskins, Community of the King, et plus récemment, Salvation Means Creation Healed.
Il va également publier prochainement un livre sur le sujet de cet article.

 

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La Bible n’est pas parfaite et elle le dit (traduction)

De Zack Hunt sur le blog http://theamericanjesus.net/

Le 28 mai 2013

Si vous bloguez suffisamment longtemps, quelqu’un finira par vous traiter d’hérétique.

Des chiens de garde autoproclamés de l’orthodoxie infestent internet presque autant que la pornographie.

Exprimez quelque chose qui ne correspond pas à leur tradition théologique particulière et ils damneront votre âme pour une éternité dans l’enfer aussi rapidement que vous cliquez sur « publier » dans votre blog.

Ma dernière accusation comme hérétique date de la semaine passée sur Twitter. Quel crime théologique ai-je commis ?

Je ne crois pas à l’inerrance biblique.

J’ai cherché à faire remarquer à mon inquisiteur que l’inerrance biblique est une invention fondamentaliste du 20e siècle et qui n’est pas intrinsèque à la tradition chrétienne. Mais des choses comme les faits et l’histoire de l’Église ne sont que secondaires pour le zélote religieux.

Certainement, l’hérésie peut techniquement signifier une rupture relativement au dogme traditionnel et par conséquent une nouvelle doctrine comme celle de l’inerrance qui est en rupture avec l’approche dogmatique traditionnelle de l’Écriture (qui remonte jusqu’aux premiers Pères de l’Église) serait techniquement une hérésie.

Déclarer que votre affirmation exprime une plus authentique (ou plus « fondamentale ») forme de christianisme, envers et contre presque tous ceux qui vous ont précédé vous placerait en compagnie de Joseph Smith et des Saints des Derniers Jours.

Mais c’est moi l’hérétique ici.

Juste.

Quoi qu’il en soit, cet article n’est pas sur les problèmes historiques liés à l’inerrance biblique. Il parle du manque de foi que cette conception manifeste et de ce que la Bible déclare véritablement à son propre sujet.

C’est exact. J’ai dit un manque de foi.

Est-ce qu’affirmer l’inerrance biblique dans une société de plus en plus post-chrétienne n’est pas un acte courageux de foi ?

Pas du tout.

La foi, comme Paul Tillich l’a dit, exige une part de doute. C’est le choix de croire face à une évidence incomplète ou même imparfaite. L’inerrance, par contre, est l’affirmation arrogante d’une certitude face à la réalité.

Et, comme Anne Lamott le relève de manière éloquente : « Le contraire de la foi n’est pas le doute, c’est la certitude. »

L’inerrance biblique est une certitude fondée sur la crainte et le besoin de contrôle. S’il y a une seule « erreur » dans la Bible, comme le déclarent les inerrantistes, comment pouvoir y faire confiance ? La réponse à cette question prétendument difficile est en fait assez simple.

La foi.

Comment le sais-je ? Parce que j’ai une maman.

Quand j’étais enfant, ma maman me disait de regarder des deux côtés avant de traverser une route. Si je ne regardais pas des deux côtés, disait-elle, je pourrais ne pas voir une voiture arriver. Si je n’avais pas vu cette voiture et que je m’étais avancé devant elle, de mauvaises choses pourraient m’arriver, comme des os fracturés ou même la mort.

Ma maman n’est pas parfaite. Elle serait la première à vous le dire. Elle possède plusieurs diplômes et l’expérience d’une vie, mais elle vous dirait aussi qu’elle n’est pas inerrante.

Néanmoins, je peux lui faire confiance quand elle me dit que m’avancer au-devant d’une voiture en marche aurait des conséquences négatives pour mon bien-être.

Pourquoi ?

Parce que l’inerrance ou la « perfection » n’est pas une condition indispensable pour transmettre la vérité, la connaissance, ou même la confiance. Quelque chose ne peut pas être complètement faux et demeurer « vrai » et « digne de confiance », des erreurs ne rendent pas quelqu’un ou quelque chose totalement invalide.

C’est pour cela que l’exemple de ma maman est si important

Quand j’ai grandi, je suis passé à ce stage que nous connaissons tous où nous réalisons que nos parents ne sont pas parfaits. Peu importait à quel point je désirais qu’elle soit parfaite, je devais accepter que ma maman faisait des erreurs et qu’elle avait tort dans certains domaines. Cette réalité ne remettait pas en cause les choses vraies qu’elle m’avait apprises, comme le fait que m’avancer en ignorant le trafic était une très mauvaise idée.

Quand je suis devenu adulte, j’ai quitté la certitude par laquelle je croyais que ma maman était parfaite, vers une foi en elle quand j’ai reconnu ses défauts. Ma maman n’a changé en rien durant cette période. Elle m’aime toujours autant et je l’aime de même. Je peux lui poser plus de questions que quand j’avais 5 ans, mais toute une vie d’amour et de conseils me permet de continuer à garder ma foi en elle et dans son désir de ce qui est mieux pour moi. Quand elle parle, elle exprime ce qu’elle croit être la vérité et même si je peux trouver quelques erreurs dans ce qu’elle dit ou fait, cela ne signifie pas qu’elle est subitement devenue une menteuse indigne de confiance.

En d’autres termes, ma maman ressemble beaucoup à la Bible. Elle n’est pas parfaite, mais je peux néanmoins avoir confiance dans la véracité de ce qu’elle dit.

Vous voyez, c’est permis de croire que l’arche de Noé était remplie de tous les animaux de la Terre quand vous aviez 5 ans et ensuite de changer d’avis lorsque vous vous rendez compte de l’impossibilité matérielle, quand vous êtes devenu adulte. Ceci tout en gardant foi dans cette histoire. Pourquoi ? Parce que la vérité de l’arche de Noé ne se trouve pas dans sa précision zoologique. On la trouve dans le message d’un Dieu qui veille sur sa création et s’en occupe, même au milieu d’une tempête.

Ces diverses sortes de vérités que la Bible cherche à transmettre ne dépendent pas de la perfection de leurs auteurs ou même qu’ils ont raison sur tous les points. Ces sortes de vérité nécessitent seulement un message véridique.

Eh oui, j’ai dit auteurs.

La simple réalité montre que la Bible a été écrite par des personnes. Si vous ne me croyez pas, je devrais remettre en question le soin avec lequel vous avez réellement lu les nombreux livres de la Bible qui déclarent explicitement leur paternité humaine, comme chacune des lettres de Paul pour n’en nommer que quelques-uns.

Mais, cela ne signifie pas que la Bible n’est pas « inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, et pour former à la justice. » Elle l’est profondément. Mais Écriture « inspirée de Dieu » et Écriture « infaillible » sont deux choses très différentes. Comment puis-je le savoir ?

Parce que la Bible me le dit.

Vous souvenez-vous de l’autre moment important où nous lisons sur quelque chose qui est « inspiré de Dieu » dans l’Écriture ? Bien sûr. Nous le trouvons au tout début, en Genèse 2:7, quand Dieu a pris la poussière de la terre, et qu’il y insuffla la vie pour créer l’humanité.

En ce moment, Dieu insuffla la vie en quelque chose… qui n’était pas parfait. Cela ne pouvait pas l’être, car ce quelque chose n’était pas Dieu.

(Avant que vous essayiez d’argumenter sur notre perfection avant la chute, demandez-vous d’abord pourquoi le fruit défendu aurait été une tentation si nous étions déjà parfaits. Ne l’oubliez pas, Dieu nous a appelés « bons », mais pas parfaits.)

Comme l’Écriture est aussi « inspirée de Dieu », cela signifie qu’elle n’est pas non plus Dieu. Ni même qu’elle vient directement de Dieu, mais qu’elle passe par un intermédiaire. Au début, l’intermédiaire entre nous et Dieu était la poussière. Dieu a soufflé en elle et notre création en a résulté.

Pour la Bible, Dieu a insufflé sa vérité dans les cœurs et les pensées de personnes. La création de la Bible en fut le résultat. Mais, comme cette vieille poussière de laquelle nous sommes nés, les personnes qui ont écrit la Bible, les intermédiaires de Dieu, n’étaient pas parfaits. C’est pour cela que Paul dit : « Aujourd’hui, nous voyons comme dans un miroir, d’une manière floue, mais alors nous verrons face à face ; aujourd’hui, je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. »

Si Paul savait que la Bible, ou les parties qu’il en avait étaient parfaites, il aurait simplement dit : « Nous connaissons parfaitement parce que nous avons l’Écriture. » Mais il ne l’a pas dit, parce qu’il savait que même avec l’Écriture comme source de connaissance que la connaissance était imparfaite, car elle était inspirée de Dieu, et qu’elle n’était pas Dieu Lui-même.

En d’autres mots, la Bible inspirée de Dieu est semblable aux personnes inspirées qui l’ont écrite. Elle n’est pas parfaite. Et ce n’est pas grave parce que, comme c’est le cas avec nos parents, nous pouvons néanmoins apprendre des vérités importantes de la part de gens imparfaits.

C’est là que la foi entre en jeu. La foi nous oblige à dépendre de Dieu et à mettre notre confiance en Lui. Sans la nécessité de la foi, Dieu n’est pas vraiment nécessaire, du moins de ce côté de l’éternité. Quand Paul parle de voir comme dans un miroir, de manière floue, c’était une déclaration de foi que, même si ses connaissances étaient seulement partielles et imparfaites, elles étaient suffisantes pour son salut, suffisant pour le guider jusqu’au retour du Christ. Quand nous prenons le chemin de l’inerrance, l’espace pour ce genre de foi humble s’évapore et il est remplacé par une arrogance qui déclare une certitude plus forte que celle que les auteurs bibliques eux-mêmes étaient prêts à affirmer.

Ce qui signifie que lorsque nous affirmons l’inerrance, nous rejetons la nécessité de la foi.

Lorsque nous affirmons l’inerrance, nous attribuons la perfection à la création plutôt qu’au Créateur.

Lorsque nous affirmons l’inerrance, nous créons une idole fabriquée à partir du même besoin de certitude et de contrôle qui a poussé Adam et Ève à voler à Dieu sa divinité.

Exprimé simplement, l’inerrance biblique n’est pas biblique.

Mais je ne suis pas assez naïf pour penser que quelqu’un qui croit en l’inerrance biblique va « découvrir la lumière » après avoir lu ce message.

Notre crainte et notre nécessité enracinée de contrôle ne sont pas surmontées aussi facilement.

Donc, si vous lisez ce message et vous affirmez l’inerrance biblique, sachez que vous n’êtes pas seulement en rupture avec la tradition de l’Église, mais que vous rejetez également l’imperfection que la Bible s’attribue elle-même, cette imperfection qui est nécessaire pour la foi.

Vous pouvez avoir la certitude et par conséquent ne pas avoir besoin de foi dans la Bible.

Au contraire, l’apôtre Paul avait certainement besoin de foi.

Et moi de même.

Grâce et paix,

Zack Hunt

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